Annie Paule THOREL

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BIOGRAPHIE

NĂ©e en 1954 Ă  Rouen

Vit et travaille dans l’Yonne depuis 1998

 

EXPOSITIONS PERSONNELLES

2015 Galerie Djeziri-Bonn – Paris

2015 Eglise Saint Pierre – Mural Octave IV– Tulle

2014 Galerie Anywhere – Paris

2012 Centre d’Art Contemporain – Châtellerault

2008 Chapelle Saint Nicodème, 17ème Ă©dition de l’Art dans les Chapelles – GuĂ©nin.

2008 Théâtre d’Auxerre

2007 Peintures/ wall painting – MĂ©diathèque de Talant

2007 Maison Cantoisel – Joigny

2006 Galerie Ecume Des Jours – Beauvais

2006 Livres d’artiste – Bibliothèque d’Auxerre

2005 Carneggie’Small, Studio Le regard du Cygne – Paris

2005 Centre d’Art Contemporain – Draveuil

2003 Centre d’Art Contemporain de l’Yonne / Théâtre D’Auxerre

2002 Galerie Kelsey – New York, Etats Unis

2002 Centre d’ Art Contemporain – Mitry Morry

2001 Galerie L’autre rive – Bourges

2001 Carthage Byrsa 2001 – site archĂ©ologique de Carthage -Tunisie

2001 Centre d’Art Contemporain – Crest

2001 La Galerie – Mutavie – Niort

2000 Chapelle d’Avigneau – Yonne

2000 Château d’Egleny – Yonne

1998 Saga, Galerie Callu-Merite – Paris

1999 Galerie L’autre Rive – Bourges

1999 Centre d’Art Contemporain – Savigny Le Temple

1999 Galerie Callu-Mérite – Paris

1997 Galerie La Caserne – Paris

1997 Galerie Barrouyer, Paris

1996 Galerie Herler – Bonn

1993 Galerie The Young Artist – Prague, TchĂ©coslovaquie

1992 Galerie Etant DonnĂ© – Rouen

1992 Centre d’Art Contemporain, Espace Icare – Issy Les Moulineaux

1991 Galerie Etant DonnĂ© – Rouen

1991 Galerie Sin Rosa – Paris

 

REALISATIONS IN-SITU

2015 Mural Octave IV – Eglise Saint Pierre –Tulle

2014 Mural Octave III – Rencontres n°43, La Vigie-Art Contemporain- NĂ®mes

2008  Mural – Chapelle Saint Nicodème, GuĂ©nin, Morbihan 17ème Ă©dition de l’Art dans les Chapelles

2007 Mural l’ Autre Lieu – Maison Cantoisel – Joigny

2008 Mural Octave II – Maison Cantoisel- Joigny

2007 Mural Octave I – MĂ©diathèque de Talant

 

EXPOSITIONS COLLECTIVES

2015 Slick Art Fair, Galerie Djeziri-Bonn – Paris

2015 Maison Cantoisel – Joigny

2014 Rencontres n° 43 –  La Vigie-Art Contemporain – NĂ®mes

2014 Des artistes en cause, Maison Cantoisel – Joigny

2014 Slick-Attitude, Galerie Djeziri-Bonn – Paris

2014 Dessins, Galerie Djeziri-Bonn – Paris

2014 Multiples, Galerie AnyWhere – Paris

2013 She’s a rainbow, galerie Jean Greset – Besançon

2013 Hommage à une Maison : Des artistes en cause, Maison Cantoisel

2012 Out Law, Galerie Jean Greset – Besançon

2012 Des Oeuvres qui voyagent, Parlement de  Bretagne – Rennes.

2012 Le Temps des Demeures, Maison Cantoisel – Joigny

2011 De La Couleur, Galerie l’Agart – Amilly

2010 Dialogue d’Artistes /Blanc sur Fond Blanc autour d’une Tapisserie de Serge  Poliakoff, Galerie Pixi – Paris

2009 Multiples, Galerie L’Agart – Amilly

2009 L’art dans les Chapelles, Editions Saint-Nicodème – Morbihan

2008 Halte Contemporaine-Objet  la peinture – Maison Cantoisel – Joigny

2008 Hommage Ă  Jean Marcourel, Centre d’Art Contemporain – Crest

2008 Entre Quatre – Espace Belleville – Paris

2005 EphĂ©mères – Château Landon

2005 Festival de littĂ©rature et des arts plastiques – RĂ©gion Centre

2004 Biennale d’Art Contemporain – Bourges

2004 Artistes d’Europe – Kyoto, Japon

2004 Livres D’artistes, Médiathèque Sens

2002 Foire d’Art Contemporain, Galerie L’autre Rive – Bourges

2001 ItinĂ©raires – Mitry Morry

2001 Du christianisme Ă  l’islam, MusĂ©e Henri Prades – Lattes

1998 Salon de Mai – Paris

1998 Paris-Praha, Ministère des Finances – Paris

1991 GĂ©nie de la bastille, Ateliers Portes Ouvertes, 17 rue d’ Aligre – Paris

 

COLLECTIONS PUBLIQUES

2007 Chapelle St Pierre, Gerland, Côte d’Or réalisation d’un vitrail, Atelier  Parot, dans le cadre de la commande publique

2007 Ministère de la Santé  dans le cadre de la commande publique

2001 Musée Henri Prades, Lattes

2012 Artothèque du Limousin

2011 Artothèque de Châtellerault

2012 Artothèque d’Angoulême

 

COLLECTION D’ENTREPRISE

2002 Collection Mutavie – Niort

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La peinture a ceci de fascinant qu’elle traverse les siècles sans jamais cesser de se renouveler, tout en interrogeant de la manière la plus constante son existence même. Si l’occident a associé depuis plusieurs siècles jusqu’à une période récente, et en particulier l’ensemble du mouvement moderne de Courbet à Picasso et aux plus abstraits des peintres, la peinture à l’art, c’est que la peinture s’interroge par elle-même sur son existence même, son être, en tant qu’art. D’une certaine manière, nous pourrions affirmer que la peinture, constituée d’un ensemble d’objets faisant pensée, est une ontologie, ou qu’elle est ontologique à l’art.

Toute peinture est une tentative de formuler sa propre existence tout en se donnant à voir. Mais comme l’être, elle joue d’une ambivalence entre ce qu’elle est et ce qu’elle donne à voir. Ce qu’elle est répond du processus de création, du protocole plus ou moins défini par l’artiste pour atteindre une certaine finitude de l’œuvre. Ce qu’elle donne à voir est une surface plus ou moins plane, plus ou moins colorée, avec plus ou moins de motifs, de représentations du monde, etc., et cet ensemble est engagé dans une relation avec le regardeur sans aucune finitude possible.

La peinture d’Annie Paule Thorel répond très justement à cette ontologie de l’action. Sans entrer dans une classification trop détaillée de ses œuvres, elles s’offrent à nous par des ensembles formellement différents : certaines sont constituées de bandes horizontales rectilignes ou avec une ondulation, d’autres sont des ensembles de disques, d’autres encore sont constituées de formes allant vers le disque mais sans jamais l’atteindre, tandis que certaines autres penchent du côté du losange, sans jamais y parvenir non plus. Cette description, même sommaire, donne un aperçu de ce que nous voyons. Mais cette description est insuffisante.

En un autre temps, les critiques parlaient volontiers pour décrire la peinture – parfois de manière caricaturale -, de vibration à sa surface. Était-ce probablement la réalité pour une part de la production picturale, et une attribution de convenance pour une autre part. Chez Annie Paule Thorel, cette vibration est l’un des enjeux majeurs de sa peinture. Cette vibration est de l’ordre du son, si ce n’est de la musique. Les ondes traversent les tableaux de part en part, avec des intensités différentes selon l’épaisseur du trait, de l’application du pinceau ; les bulles de notes montent et descendent au grès des couleurs sur des fonds unis comme une nappe musicale ; les losanges de la Chapelle Saint-Nicodème de Guènin composent une fugue dont le tempo varie selon le mur.

Voilà ce que voit le regardeur, l’expérience qu’il fait de son travail. Volontairement, Annie Paule Thorel l’inscrit dans la tradition de la peinture américaine, du Colorfield au minimalisme, sans nier l’héritage de Pierre Tal Coat. Pour elle, la peinture reste une expérience du peintre transmise au regardeur dont le tableau est la base. Il est remarquable de voir une artiste fidèle à ce support et à des formats petits et moyens. Ces choix révèlent un souci majeur, de continuer l’interrogation de l’art à partir d’une démarche pictural de l’action, de l’expérience, du sens. Si sa peinture s’enracine dans une tradition moderne du XXe siècle, elle cherche à être une pratique contemporaine hors des modes, à la fois philosophique, dans un certain sens, et musical dans un autre. L’artiste travaille à réunir ces trois champs dans la vision qu’elle nous donne de l’art.

Dans l’introspection de son œuvre, il est très important de savoir qu’Annie Paule Thorel travaille elle-même ses couleurs, qu’elle utilise le procédé de l’encaustique pour toutes ses toiles. C’est-à-dire que le processus même de l’œuvre s’amorce dans une tradition occidentale de la peinture, au service non pas d’une forme qui serait moderne ou contemporaine, mais d’une action et donc d’une expérience du monde transcrite par une musique composée de tonalités souvent vives, mais dont le tempo varie. Cette phase préparatoire n’est pas à dissocier du processus de création, mais au contraire faut-il la comprendre incluse au même titre que l’outil de l’artisan est aussi fait de sa main. Il serait facile de parler d’alchimie, mais dans le cas d’Annie Paule Thorel, il faudrait plutôt parler de logique sans en retirer la poésie qui en découle.

Il y a chez Annie Paule Thorel une véritable incarnation de la peinture, à la fois dans un processus qui procède de la matière, et dans une expérience de l’invisible musique des couleurs du monde dont elle fait l’expérience pour nous la donner. Par sa pratique et ce qu’il en résulte, elle nous offre une peinture qui perpétue une tradition réflexive ancrée dans l’histoire moderne mais impossible en dehors du contemporain. Cette contemporanéité est cette légèreté de la vibration des lignes, cette évanescence des bulles qui éclatent en couleur, cette évidence des pans de couleurs qui, loin de s’imposer aux murs blancs des lieux, semblent en advenir.